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ÉVALUER EN ARTS VISUELS Petite
synthèse Ph. Thémiot Octobre
2005 L'évaluation dans les disciplines artistiques est, aux yeux de beaucoup, soumise à caution. Relayée, influencée, voire dynamisée par des médias faisant la part belle à l'événementiel, au scandaleux, au festif, au récréatif, le regard de la société est suspicieux à l'égard de toute forme de critique, positive ou négative, à l'égard des oeuvres, et particulièrement de la production contemporaine. Si « les goûts et les couleurs ne se discutent pas » et si tout regard critique reste in fine lié à une époque, comment croire un instant qu'il serait possible de déterminer des critères objectifs d'analyse d'une production, qui plus est enfantine (la vieille lune de l'enfant artiste n'est pas morte non plus) ? Pourtant, le but de l'école est en matière d'arts visuels une éducation du regard, une ouverture culturelle, une pratique créative... toutes choses qui, comme en mathématiques, nécessite des apprentissages. Est-ce à dire que l'on pourrait apprendre sans savoir ce que l'on apprend et sans pouvoir prendre conscience de ce que l'on appréhende, ressent, choisit, sait...? Comment émettre des intentions, faire des choix, rendre sa production plus expressive sans disposer du moindre repère ? Nous voyons bien qu'une telle position n'est pas tenable. Que nous disent alors les auteurs qui ont réfléchi à la pratique de l'évaluation en éducation artistique ? « L'évaluation est solidaire de l'action et elle est toujours relative à une situation et à un groupe. Il semble inopportun de dissocier la démarche des résultats. » Daniel Lagoutte, Enseigner les arts plastiques, Hachette, Paris, 1994, pp. 171-174. « L'évaluation n'est donc pas fondée sur une préférence personnelle ou sur une appréciation subjective du maître. En ce qui concerne les opérations plastiques, elle se fait par l'intermédiaire d'une interrogation de l'ordre du pourquoi ? et du comment ? en relation avec les résultats et les intentions. » Daniel Lagoutte, Les arts plastiques contenus enjeux et finalités, Paris, Armand Colin, 1990, p. 130 Évaluer en arts visuels, est-ce que cela revient à évaluer l'imagination de l'élève ? Se poser la question de l'évaluation dans les domaines artistiques et notamment en arts visuels, c'est réfléchir et s'interroger sur la nature des apprentissages à mettre en oeuvre dans la discipline. Cette question gêne beaucoup d'enseignants (et d'artistes quand ils interviennent en milieu scolaire !), dès lors que l'on vise autre chose que la spontanéité, l'imagination, et le plaisir de l'enfant. Faire preuve d'imagination ne suffit pas pour réaliser une production avec des intentions, pour effectuer des choix, pour combiner des matériaux, des supports, des outils dans un but précis... toutes choses qui participent du processus de création et plus globalement de l'éducation du regard. Cela demande alors à l'enseignant d'être au clair sur les contenus d'apprentissage attendus dans les différents cycles, et de donner aux élèves les moyens d'expression, de création nécessaires à l'élève. Que doit-on évaluer ? Les programmes ont évolué vers une ouverture des domaines concernés (le passage des arts plastiques aux arts visuels introduit des domaines nouveaux comme l'architecture, le design, la vidéo...) et vers une diversité des pratiques. Par exemple, au cycle 3, l'éducation artistique se développe dans trois types d'activité : une pratique créative, une rencontre sensible avec les oeuvres d'art et l'acquisition de savoir et de savoir-faire. L'évaluation ne peut donc être réservée à la seule pratique créative, certes fondamentale.
Que signifie « donner les moyens de s'exprimer » ? Pour l'enseignant, donner les moyens, c'est envisager :
Donner les moyens ne revient nullement à prévoir à la place de l'élève ce qui va être réalisé. Préparer efficacement, précisément, cela ne revient pas à enfermer l'enfant, bien au contraire. Une véritable situation-problème où l'élève effectue des choix conscients qui lui sont propres ne peut résulter du seul hasard ou d'une proposition vague. Comment mettre en oeuvre cette évaluation ? Pour donner ces moyens, il est nécessaire de réfléchir aux consignes qui sont largement déterminantes à la fois sur le plan des attitudes et sur celui des réalisations. Instruction ? Proposition ? Sollicitation ? Incitation encourageante ? Plus ou moins ouvertes, elles varient selon l'âge des enfants et les objectifs poursuivis, elles visent toutes à éviter que, faute de cadre, les élèves ne se perdent dans une production sans objet. Ensuite, des supports ou des organisations pédagogiques peuvent être imaginés qui permettent à l'élève de mettre en évidence les évolutions, la cohérence de la production avec la consigne, le respect de critères précis, déterminés ensemble ou individuellement, le respect de choix effectués au cours du processus créatif. Le cahier arts visuels individuel, le musée de classe, les affichages (reproductions d'oeuvres, éléments d'observation légendés, outils lexicaux, collections d'essais commentés, tableaux mémoires, etc.) sont autant de moyens pour permettre à l'élève comme au groupe de mesurer les évolutions et de confronter leurs regards sur les effets produits. Que cherche-t-on à évaluer ? Claude Reyt suggère une classification éclairante et simple :
Qui évalue ? Claude Reyt insiste sur le caractère non univoque de l'évaluation. « L'essentiel réside dans l'appréciation par les enfants de leur propre travail, de leurs avancées ». Cela sous-entend une pratique soutenue et progressive de l'auto-évaluation tout au long du cursus primaire de l'élève. Il va de soi que le groupe ne peut se substituer à l'élève pour évaluer sa production (les pratiques de vote n'ont pas lieu d'être ici...). Quand évaluer ?
Quels outils ? Les documents référents cités ci-dessous donnent des réponses aux questions que peuvent poser l'enseignement des arts plastiques à l'école.
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