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Les axes proposés précédemment visent une Éducation
artistique et culturelle de l'élève. En tant que tels,
ils ne constituent pas des buts pour l'enfant. Les recherches, les expériences,
les confrontations qui émaillent les situations d'apprentissage
ont pour finalité d'aider l'élève à répondre
aux questions qu'il est amené à se poser au sein de situations-problèmes
véritables. Pour que son engagement soit réel, ces questionnements
doivent émerger d'un projet qui ait un sens pour lui, en harmonie
avec ses connaissances, ses préoccupations, ses goûts...
L'apprentissage n'est pas une fin en lui-même, exception faite
des élèves que nous qualifions de « scolaires ».
Nous
n'avons pas ici la prétention de nous substituer au patient travail
de mise en confiance de l'enseignant, de mise en oeuvre d'une dynamique
du groupe-classe, de connaissance individualisée de chacune des
personnalités qui le composent, ni même d'imposer une vision
de projets supposés innovants, originaux ou dans l'air du
temps. Ces quelques idées fournissent cependant matière
à emploi des propositions présentées dans les cinq
axes, qu'il appartient à chacun de choisir, de préciser,
d'organiser dans un certain ordre (progression) et selon un calendrier
(programmation). Elles peuvent donc vous aider imaginer avec les élèves
un projet spécifique, en gardant toute latitude, au cours de
l'année, pour le faire évoluer. |
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Le
livre de mes personnages (Projet individuel ou par deux) :
Chacun a des héros intimes. Pourquoi ceux-là et pas
d'autres ? Après une recherche sur ce qui les qualifie,
en fait la spécificité, il s'agira de fabriquer un
livre d'autoportraits qui permettent de faire ressentir au regardant
« ce que j'aimerais être ». Les contraintes
peuvent être multiples. Seule la technique photographique
peut être employée. On évitera de chercher à
ressembler physiquement au héros.
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En
classe aussi, le temps passe (Projet individuel ou collectif) :
Nous connaissons tous la célèbre photo de Doisneau
montrant un élève qui s'ennuie, sous l'horloge de
la classe. Comment montrer que le temps passe sans faire usage de
cet objet ? Qu'est-ce que cela pourra alors suggérer ?
Au travers d'une succession de photos savamment mises en scène,
nous pouvons raconter comment les aiguilles tournent, pour chacun
de nous. Par exemple, en prenant toujours la photo de la même
manière (de face, même emplacement, même pause)
comment utiliser la lumière pour montrer l'évolution
de la fatigue chez l'enfant, quels éléments de décor,
d'habillement, de tenue vont fournir des indices du passage du temps... ?
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L'école
mystérieuse (Projet individuel ou d'équipe) :
L'école vit peut-être hors de la présence des
élèves. Est-ce une histoire d'objets, d'architecture
du bâtiment, d'action de la nature qui l'entoure, de personnages
mystérieux qui l'envahissent et l'utilisent à d'autres
fins ? De la trame narrative transformant chaque élève
en apprenti détective (exemple : nous voyons les enfants
montrer des indices d'une vie hors de leur présence, sur
les lieux-mêmes de leur observation, portraits en pied d'individu
seuls ou en groupe) au simple inventaire des relevés de la
police scientifique qui traque les indices les plus troublants et
les présente à l'objectif (exemple : sous le
lampe de bureau du commissaire dans une ambiance de fin de nuit,
à travers le plaque de verre présentant des empreintes,
avec le reflet de la vitre montrant le visage de celui qui tient
un objet, etc.), tout est possible. La question essentielle restera
« est-ce ou non un portrait, que faut-il qu'il y ait
pour que cela en soit, c'est le portrait de qui, etc. ».
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Je
grandis (Projet individuel ou par équipe) : La caméra
est bien pratique pour montrer en accéléré
la croissance d'une plante ou l'évolution des espèces.
Et si, dans un « cahier de vie artistique »,
par le simple truchement de la technique, je montrais que je grandis
très vite et que je change, d'une photo à une autre ?
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Voyage
dans le futur (Projet collectif) : Les photos de classe
finissent habituellement dans les fonds de tiroir pour ressurgir
de nombreuses années plus tard quand, adulte, on recherche
le nom d'un camarade ou que l'on montre des traces de notre passé
à nos enfants. Mais ici, il s'agit de faire les portraits
des adultes que chacun imagine devenir. Le produit final doit donc
présenter la classe des grandes personnes qu'ils seront
dans X années, X étant le même nombre pour tous,
choisi très précisément. A garder précieusement !
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Portrait
invisible (Projet d'équipe) : Chacun d'entre nous
croit connaître ses amis... et pouvoir les reconnaître
sans difficulté ! Et si ces amis n'étaient pas
des humains ? De l'animal microscopique qui rampe sur le plancher
au monstre préhistorique, chacun ferait de l'enfant un portrait
différent, souvent bien difficile à « remettre ».
Il s'agit donc de constituer des portraits de camarades selon l'animal
que l'on choisit d'être. Un « objet recueil »
est donc à constituer, en rapport avec cet animal.
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Le
portrait de notre école (Projet d'équipe ou de
classe) : Les lieux vibrent des voix, des visages que nous
aimons ou craignons, des histoires qui nous sont arrivées,
des odeurs, des bruits particuliers... Ici, le parti pris est de
montrer que les lieux existent grâce à ceux qui les
font vivre. Et donc que chaque photo est une mise en valeur de l'espace,
de l'architecture, ou d'un tout petit détail du bâtiment
et présente aussi, obligatoirement, un portrait de celui
qui l'habite et qui en montre un détail qu'il apprécie,
qui est chargé d'histoire, qui l'affecte... Un même
endroit peut donc être montré de façon différente,
donnant des impressions contradictoires, selon les individus. A
vous de montrer comment l'un et l'autre se mêlent dans l'image !
L'ensemble des photos réalisées permet à la
fois d'appréhender « l'école intime »
des élèves en même temps qu'il permet de découvrir
les enfants au travers de ce qui les touche.
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Entrez
dans l'histoire (Projet de classe) : Les livres d'histoire
regorgent de portraits métaphoriques, de scènes célèbres
censées témoigner de la grandeur d'hommes, de groupes
de personnages réels ou symboliques et de l'importance d'événements
qui ont traversé les âges. Il s'agit de reconstituer
ces scènes, avec les élèves pour personnages,
en restituant une ambiance, en mettant en valeur tel ou tel personnage
ou bien tel ou tel ou tel fait. Bien sûr, il ne s'agit pas
de singer les images de référence mais de montrer
en quoi ces images sont importantes pour chacun. Le but de ce travail
est de montrer qu'à partir d'un même motif (« la
scène » évoquée dans le tableau
support) des mises en valeur fort différentes sont possibles.
Chaque équipe aurait par exemple pour mission de produire
trois ou quatre portraits qui font apparaître des impressions
différentes à partir du même support.
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Le
cadre maléfique (Projet de classe ou d'équipe) :
A force de chercher à comprendre comment se servir d'un appareil
photo pour produire des portraits, on peut avoir des ennuis avec
les objets que l'on a fait souffrir ! En l'occurrence, il semble
que le cadre cherche à enfermer les garnements qui l'ont
manipulé par exemple en rétrécissant progressivement.
La classe va t-elle s'échapper avant l'issue fatale ?
Ce petit scénario est un exemple de trame, prétexte
à raconter une histoire par succession de « portraits
en action ». A faire évoluer, à aménager,
et à dramatiser !
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Le
livre des métamorphoses (Projet individuel ou d'équipe) :
Selon la prise de vue, les choix techniques, chacun peut devenir
méconnaissable. La transformation progressive peut elle-même
devenir objet de recherche. Le but est de montrer combien le regard
peut s'ouvrir à partir du mystérieux continuum de
portraits d'une même personne qui retrace les étapes
de la « mutation ».
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