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projets
de classes
Les
écrits dans la ville
Travail mené dans un CP,
école de la Rotonde, Nevers.
Enseignantes concernées: Véronique Gibert; Pascale Bertin
Le projet est né de la volonté de deux enseignantes de l'école de réaliser un projet pour des élèves de CP, alliant à la fois lecture-écriture-arts visuels.
Nous ne retraçons ici que les principales étapes de ce projet. Aux séances présentées ci-dessous en images se greffent des séances de lecture d'albums, d'écoute de chansons ayant un rapport avec le projet. Ces séances même si elles ne font pas l'objet d'une présentation ont toutefois largement contribué à faire avancer la réflexion des élèves, leur a permis également de mieux comprendre certaines situations.
Première étape : lire dans la ville!
Pour cette entrée dans le projet les élèves ont vécu une séance de lecture dans la rue. Après un recueil des représentations des élèves à l'oral (que peut-on lire dans la rue et où?), la classe s'est déplacée dans le quartier à la recherche d'écrits. C'est avec un intéret presque fébrile que les élèves ont "investi" leur quartier. Déambuler dans la ville avec un filtre "lecture" leur a permis de découvrir ou de redécouvrir leur quotidien. Tous ont activement chercher à lire (comprendre) ce qui était sous leurs yeux, mettant en pratique leur "savoir" encore frais et parfois fragile. Une véritable séance de lecture donc, mais hors- les-murs [scolaires], en dehors du manuel de lecture.
Voici en images quelques écrits repérés par les élèves



2. Classement des images réalisées lors de la sortie
Les élèves ont ensuite opéré un tri-classement des images photocopiées. Les entrées proposées sont celles des élèves, elles ont été l'objet de discussion parfois assez serrées, certaines furent abandonnées en cours de route (le tri par supports notamment: pancarte, mur, sol... ). Le classement final fait apparaître essentiellement deux grandes catégories:ce que l'on peut lire, déchiffrer, et ce que l'on ne peut pas lire. Une troisième fut proposée (toujours par les élèves), pour ranger les images mêlant des mots et des dessins et/ou des chiffres. Dernière séance pour clore cette étape: isoler certaines parties de photographies, de façon à faire apparaître dans le cadre-cache soit un mot (que l'on peut donc lire) soit un dessin (logo...).
3 : des écrits dans la cour.
Cette étape donne véritablement corps au projet. Voici ce que nous avons proposé aux élèves: faire parler des éléments de la cour de l'école. Imaginer donc ce que l'arbre, le banc, la fenêtre... pourraient nous dire s'ils pouvaient parler. C'est là que les séances de lecture d'albums, d'écoute de chansons ont permis aux enfants de plonger véritablement dans un univers où les objets parlent, dialoguent, discutent.
Une séance a été consacrée au recueil des propositions: comment faire pour que les écrits apparaissent (il faut que cela tienne, soit visible, lisible, résiste aux conditions météo...). Il se trouve que l'an passé la classe, qui était alors en grande-section, a procédé à une installation sur les barrières de l'école à l'aide de pochettes plastiques remplies de divers objets. Le plastique a donc été retenu. Le côté technique étant à peu-près cerné, il restait à s'intéresser au contenu - écrire quoi?- et à la forme -écrire comment?.
Pour le comment, nous proposons aux enfants des abécédaires, des planches "incomplètes" fabriquées à partir des photographies réalisées lors de la première sortie. Les voici:

Quant au quoi,
les élèves se sont rendus dans la cour, ont observé
d'un oeil nouveau leur environnement, ont choisi un élément
de leur choix: une gouttière, un banc,un arbre, une porte ou
encore la table de ping-pong... Rentrés en classe, ils ont,
lors d'un premier jet, commencé à faire parler l'élément
choisi. D'autres séances d'écriture ont suivi.
Des séances arts visuels ont ensuite permis de donner corps
aux phrases, en utilisant les lettres des planches (voir plus haut)
et en créant celles qui faisaient défaut. Au moment
de créer les lettres manquantes, pour conserver la bonne visibilité
de l'ensemble, une attention toute particulière a été
portée sur la taille des lettres et le choix des couleurs.
Voici le résultat: photographies prises le jour de l'installation
des pancartes plastifiées.
La
gouttière: "J'adore que l'eau me glisse dessus"
La porte (des toilettes
des filles bien sûr!): "Ah! non! Tu n'entres pas Léonard!"
La porte -d'entrée- cette fois!: "ça va aujourd'hui?"
Une des feuilles du tilleul: "J'en ai assez qu'on nous cueille."
Une vitre: "j'en ai assez que les nuages me cachent."
[celle-là est assez extraordinaire...] La table, repliée,
de ping-pong: "Le lundi, j'attends le vendredi"
Un banc de la cour: "J'adore les enfants"
Un pilier du préau: "J'en ai assez qu'on me fonce dessus"